Interview par Luis PORQUET - critique d'art

 

JC Meilheureux reçoit
la médaille d'argent
Arts-Sciences-Lettres

Jean-Claude Meilheureux n'est pas de ces peintres qui vous abreuvent de leurs triomphes et dont la seule biographie vous en impose au point de vous donner le vertige. C'est un parfait autodidacte et un homme plutôt solitaire mais avec lequel il fait bon s'attarder un moment. N'allez pas pour autant penser qu'il improvise. Pendant de très nombreuses années, Meilheureux s'est exercé à reproduire les œuvres des maîtres. La Tour, Millet, Courbet et l'insaisissable Turner, ce précurseur unique, comptent parmi ses figures de référence. Ayant énormément dessiné, notamment dans le domaine du portrait, notre peintre a appris, pas à pas, à saisir l'âme d'un paysage. Ainsi est-il aux anges dès qu'il se trouve au beau milieu d'un champ ensoleillé ou d'un sous-bois. Il raffole par dessus tout des petits coins champêtres, comme il se plaît à les nommer, s'efforçant de saisir, de capter l'enveloppe des choses et le frémissement de l'éphémère. Pourquoi peint-on, si ce n'est pour revivre en soi ces impressions si fugitives qui marquent de leur empreinte les instants intimes d'une vie. Portrait d'un homme qui a résolument choisi de s'installer à la campagne. On ne saurait l'en blâmer.

On ne réalise les choses qu 'à travers l'appétit qu 'on en a, disait, en substance, Claude Monet.Jean-Claude Meilheureux se reconnaît intégralement dans cette formule qu'il introduit subtilement dans la conversation. Ce désir invincible qui met les peintres en mouvement, jour après jour, il le vit avec volupté mais sans l'effusion littéraire qu'y ajoutent certains de ses confrères. Ayant longtemps vécu en région parisienne, notre homme savoure sans retenue la joie de vivre à la campagne, aux confins du département de l'Eure, dans un village situé à l'écart des grands axes routiers. Il s'y sent de plain pied avec le monde qu'il aime : perspectives végétales verdoyantes, ondoiement des blés murs et des grandes herbes folles, sentiers allant se perdre dans la fraîcheur musquée d'un bois, jardin couvert de fleurs radieuses et odorantes, animaux en pleine liberté... Ayant parcouru de nombreuses régions de France et d'Espagne, Jean-Claude Meilheureux, qui n'est pas un homme pressé, ne manque jamais de s'arrêter là où il faut. Inconstante, la lumière est cependant son guide le plus fidèle. La forêt de Montmorency, les vallonnements de La Rioja, les petits chemins creux propres à la terre normande lui ont mainte fois procuré l'occasion de s'épancher sur la toile blanche.

Homme authentique et sans détour, Jean-Claude Meilheureux estime que notre temps terrestre ne prend de sens que s'il nous autorise à dégager en nous quelque chose d'essentiel. Il y a toute une philosophie dans cette démarche. Des lueurs pâles de l'aube au soleil rougissant du soir, le peintre, on le sent bien, se comporte en amoureux de la vie, mais il en parle avec pudeur et modestie, surtout quand il s'agit de définir sa « manière personnelle ». Sa peinture lisse a l'air de caresser le paysage, n'en retenant que la quintessence et les mouvements les plus onctueux.

Ayant réussi à trouver un style qui lui soit propre, Meilheureux ne cherche pas à épater la galerie. C'est cependant un peintre honnête et scrupuleux qui, judicieusement suivi et soutenu, ne manquerait sans doute pas de se hisser vers une juste reconnaissance. Nous sommes, pour notre part, heureux d'avoir pu le rencontrer.

Luis PORQUET, 10 Août 2005

2009 ›› Diplômé de l'Académie des arts de Lisieux
2005 ›› Invité à la biennale de Florence sur curriculum
2004 ›› Invité à l'Exposition Internationale de New York
2002 ›› Invité par la galerie d'art moderne "Alba" Ferrano, Italie

 

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